Article 27

Une partie de la population est éloignée par des freins économiques, psychologiques, sociologiques, ... de l’espace culturel. Luttant contre ce constat élémentaire, c’est d’une rencontre entre Isabelle Paternotte, comédienne, et Roland Mahauden, directeur du Théâtre de Poche, qu’a jailli l’idée d’un système facilitant l’accès aux manifestations culturelles.
Le projet-pilote Article 27 est né en février 1999 à Bruxelles, avec comme référence ambitieuse, l’article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. » Le but initial d’Article 27 est de contribuer à la démocratisation culturelle.
Pour passer aux actes, le premier pas a été de garantir la réduction du prix d’achat des places aux manifestations culturelles. Les deuxièmes et troisième étapes, de constituer un réseau de partenaires sociaux pour entrer en contact avec les publics concernés et un réseau de partenaires culturels pour proposer un maximum de manifestations. L’adhésion, la motivation, l’implication des travailleurs se sont avérées fondamentales pour garantir un service optimal aux publics.

L’action initiale d’Article 27 a été de contribuer à la démocratisation de l’offre culturelle. Pour passer aux actes, le premier pas a été de garantir la réduction du prix d’achat des places en sollicitant les pouvoirs publics. Les deuxièmes et troisième étapes, de constituer un réseau de partenaires sociaux luttant contre les exclusions pour entrer en contact avec les publics concernés, ensuite un réseau de partenaires culturels pour diversifier l’offre en matière de diffusion culturelle: théâtre, musique, cinéma, exposition, ...

LA QUASI-TOTALITE DU PROGRAMME DE L'ASBL CENTRE CULTUREL DE REBECQ EST ACCESSIBLE AUX BENEFICIAIRES DE L'ARTICLE 27.

Les utilisateurs des tickets Article 27

Qui a accès aux tickets Article 27 ?
De façon idéale, l’action de l’ASBL Article 27 vise toute personne bénéficiant d’une aide à l’insertion  sociale et/ou professionnelle. Concrètement, le fonds de compensation et la taille de l’association sont actuellement insuffisants pour atteindre l’ensemble des personnes concernées par la pauvreté. L’asbl est dans l’incapacité financière de mettre des partenariats en place avec des organismes « géants » tels que les mutuelles, les caisses d’allocation de chômage,… Dès lors, l’asbl Article 27 privilégie la définition de critères pour élaborer ses partenariats sociaux plutôt qu’un essai difficilement heureux et non exhaustif de définition de l’utilisateur. Est donc utilisateur potentiel d’Article 27 : toute personne étant inscrite dans l’une des associations conventionnées avec Article 27.
Existe-t-il des particularités propres au statut de spectateur Article 27 ?
L’utilisateur est considéré comme un spectateur à part entière. À ce titre, il doit avoir la possibilité d’accéder à toute manifestation culturelle, sans restriction d’horaires ou de programmations (à l’exception de quelques cas particuliers). Comme tout spectateur, il mènera les démarches nécessaires à sa venue au spectacle (réservation, retrait des places,…). Cependant, il signalera au moment de la réservation qu’il s’agit d’un tarif préférentiel, en l’occurrence le tarif Article 27 (1,25 €).


Les partenaires sociaux

Même si certaines associations négociaient déjà des places à prix réduits auprès d’institutions culturelles avant Article 27, ces places n’étaient accessibles ni régulièrement ni individuellement. Or, la régularité de l’accès, la liberté de choix culturels sont nécessaires pour s’approprier l’espace culturel. Article 27 a modifié la donne, entraînant une adaptation nécessaire du travail social dès le moment où une association choisit d’établir un partenariat.
Quel partenaire social peut être conventionné avec Article 27 ?
Le partenaire social est une association / institution qui travaille contre l’exclusion sociale et ses composantes telles que le manque de formation professionnelle, l’isolement, les problèmes financiers, de logements, …
Quel est le rôle du travailleur social ? Pourquoi est-il important ?
Le travailleur social est en première ligne pour informer et sensibiliser le public à Article 27. Sans lui, l’action d’Article 27 n’aurait pas la même pertinence, elle se limiterait à un accès quantitatif à la culture. La mise en place du projet Article 27 et son succès au sein d’une association dépendent fortement de l’engagement des travailleurs sociaux à son égard. Article 27 développe des outils et des services pour accompagner les démarches des travailleurs et de leur association.
Quelles sont les missions du partenaire social ?
Le partenariat entre l’association sociale conventionnée et l’asbl Article 27 nécessite :
une explication détaillée du partenariat à l’ensemble des travailleurs sociaux de l’association une concertation avec l’ensemble des travailleurs sociaux pour une intégration optimale d’Article 27 dans le travail quotidien  une recherche d’intégration d’Article 27 dans les missions de l’association (l’emploi d’Article 27 peut notamment contribuer à dynamiser les liens sociaux, familiaux, faciliter l’ouverture vers l’extérieur, etc.) une diffusion large des propositions fournie par les partenaires culturels, par l’ASBL Article 27 et une mise à disposition des programmes, des affiches, des tracts auprès de l’ensemble du public concerné un décryptage de l’information individualisé (méthode de choix, de réservation, de déplacement,…) et éventuellement des sorties collectives organisées dans une perspective d’autonomisation des publics un respect des conditions déterminant les utilisateurs Article 27 et de la confidentialité des informations relatives à ces personnes un travail régulier entre le travailleur social relais d’Article 27 et l’asbl Article 27 permettant d’évaluer qualitativement et quantitativement l’opération (gestion des tickets, diffusion des programmes, détection des problèmes liés à la mise en place du partenariat, participation aux réunions organisées par Article 27)


Les partenaires culturels

Il n’y a pas de jugement de valeur dans les partenariats culturels que nous concluons. Nous les acceptons du moment qu’ils ne soient pas antidémocratiques et ne grèvent pas totalement notre budget. Il doit pourtant s’agir de programmation professionnelle. Pourquoi ? A priori, pour garantir la qualité, mais il est vrai que nous ne nous sommes pas encore interrogés assez sur des spectacles proposés hors champs, hors cadre. 

Quel partenaire culturel peut être conventionné avec Article 27 ?
Il s’agit d’organismes publics ou privés proposant aux publics issus des partenariats sociaux l’accès à leur création ou leur diffusion :
spectacles d’Arts de la Scène (théâtre, danse, théâtre jeunes publics, cirque, théâtre de rue, etc. spectacles de musique (musique classique, opéra, jazz, rock, musiques folkloriques, etc.) cinéma (films, documentaires, exploration du monde, etc.) expositions d’Arts plastiques (exposition de peinture, sculpture, architecture, arts contemporains, etc.) Sites et patrimoine Etc. Quelles sont les missions du partenaire culturel ?
Les partenaires culturels visent à ouvrir l’ensemble de leur programmation aux publics sans restriction d’horaire et de programmation (sauf rares cas exceptionnels).  Les partenaires s’engagent à respecter les modalités habituelles de réservation, d’accueil et de placement pour les utilisateurs des tickets Article 27. Le partenaire culturel accorde un tarif préférentiel, l’asbl Article 27 rétrocède en moyenne aux partenaires culturels 5€ par place utilisée (à l’exception des cinémas où le coût est moins élevé) par le biais d’un fonds de compensation alimenté par les pouvoirs publics.
Comment s’impliquer en tant que partenaire culturel ?
Les partenaires culturels sont à la fois diffuseurs et passeurs de culture… Leur rôle est double : ils ouvrent les portes de leurs institutions aux utilisateurs et favorisent leur intégration au sein des institutions culturelles.
Certaines institutions culturelles proposent des approches spécifiques destinées à s’ouvrir à des publics en difficultés, que ce soit au niveau de l’infrastructure, des tarifs ou d’un travail de sensibilisation à la programmation. Article 27 est un relais très intéressant parce qu’il rassemble les secteurs sociaux et permet de toucher un grand nombre de personnes. Pour plus de la moitié, le partenariat avec Article 27 constitue la seule action réalisable vers ce public (faute de temps, de personnel et d’argent). Il prend alors la place du volet social que, bien souvent, les travailleurs culturels aimeraient développer.

http://www.article27.be/